Sous cloche
Produire

Les frites du Nord font de la résistance

Les cornets de frites n’ont pas (complètement) disparu pendant le confinement. Dan Johnston / Pixabay

Manger une frite du Nord reste possible dans la plupart des communes de la région. Face aux besoins financiers des producteurs et vendeurs, certaines friteries gardent leurs portes ouvertes, en accord avec les mesures sanitaires. De la production à la vente, l’adaptation a été rapide pour maintenir une activité.

« Avant le confinement, nous produisions environ 12 tonnes de frites par semaine », estime Maxime Desmedt. Depuis 2014, cet agriculteur à Curgies (Nord) récolte ses pommes de terre. Une fois transformées en frites, elles sont revendues aux friteries du Valenciennois.

Fermeture des restaurants oblige, cette cadence s’est réduite à zéro les premières semaines du confinement. Points de restauration incontournables dans chaque ville du Nord, les friteries ont dû fermer boutique le 14 mars à minuit. Mi-mars, les trois salariés de la ferme des Desmedt ont été placés au chômage partiel. Une première pour ces agriculteurs à Curgies depuis deux générations.

Dans le Nord, petites et grandes exploitations de pommes de terre subissent la fermeture des restaurants. La multinationale McCain a fermé trois de ses quatre sites français où ils transforment leurs frites surgelées. A elle seule, la firme se retrouve avec 150 000 tonnes de pommes de terre à la destinée incertaine.

En Belgique, autre pays de la frite, la fermeture des friteries inquiète les agriculteurs. La fédération belge des producteurs de pommes de terre a même appelé ses compatriotes à manger des frites deux fois par semaine pour sauver la filière.

Des commandes par téléphone

Pour les Desmedt, la majorité de leur production a échappé à la benne. Au début du confinement, de nombreux consommateurs se sont précipités dans des commerces pour faire des réserves de nourriture. Les circuits courts et producteurs-revendeurs ont aussi bénéficié de cette hausse des achats. Prévues pour les friteries, les pommes de terre de Curgies ont été revendues aux particuliers par filets.

Autre nouvelle bienvenue pour la ferme des Desmedt, les points de vente du Valenciennois rouvrent avec parcimonie depuis début avril. Comme ces points de vente donnent sur l’extérieur, les « baraques à frites » n’ont aucune difficulté à reprendre l’activité en restant conformes aux gestes barrières.

Certains gérants ont opté pour les commandes par téléphone. Avant les horaires d’ouvertures, les clients choisissent leurs repas et leur créneau pour récupérer leurs « américains » et autres fricadelles. Ainsi, pas de file d’attente, et les clients ne se croisent pas.

Depuis, la clientèle afflue, malgré les horaires d’ouverture restreints. En ce qui concerne les friteries fournies par la ferme des Desmets, elles ne peuvent ouvrir que les soirs de week-end. « Nous en sommes en ce moment à la moitié de la production habituelle », estime Maxime Desmedt. Suffisant pour lever les mesures de chômage partiel, et pour satisfaire les envies de frites des Valenciennois.

Related posts

L’industrie de la viande connaît une nouvelle fois la crise

Victor BOITEAU

Conseils pratiques pour réussir son potager

Thibaut COPLEUX

Pour les producteurs d’huîtres, la note est salée

Mariette THOM