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«Un apéro pour les hôpitaux», la cagnotte qui transforme votre verre en don

Page d’accueil du site internet. Capture d’écran.

Soutenue par de nombreuses personnalités comme Christine & the Queens ou BigFlo et Oli, la cagnotte « Un apéro pour les hôpitaux » propose un concept assez innovant : transformer une commande au bar en dons pour les soignants. 

Et si boire un verre pouvait sauver des vies ? C’est le parti pris d’« Un apéro pour les hôpitaux ». Cela n’aura échappé à personne, depuis le début du confinement, les bars et les restaurants ont été contraints, pour des raisons sanitaires, de fermer leurs portes au public. Nombreux sont les Français qui, désormais confinés depuis le 17 mars, rêvent de partager un verre en terrasse entre amis. Le 25 avril, une drôle de plateforme fait son apparition sur Internet et elle pourrait rendre ce souhait quasi réalisable.

Sous la forme d’un ticket de caisse géant, « Un apéro pour les hôpitaux » permet aux internautes de convertir l’argent économisé pendant le confinement en apéritif fictif. Pour cela rien de plus simple, il suffit de sélectionner les consos que vous auriez prises d’ordinaire au bar à partir d’une carte où l’on retrouve boissons alcoolisées (ou non) et planches à partager. Le choix fait, on passe au règlement de l’addition et, pour les plus généreux, il est possible d’y laisser un pourboire. Une fois payée, la somme totale est ensuite reversée pour venir en aide aux soignants. 

Sur la page d’accueil, l’internaute n’a plus qu’à sélectionner son apéritif selon ses goûts. Capture d’écran

À quoi vont servir les dons?

Si les consos sont fictives, l’argent, quant à lui, est bien réel. Et pour le redistribuer au mieux, l’équipe de création du site, composée de sept personnes, fait appel à la fondation 101. Une structure, créée par le chef adjoint du service de réanimation de l’hôpital Cochin à Paris, Jean-Daniel Chiche, qui récolte des fonds depuis plusieurs années pour les services de réanimation du monde entier. L’objectif de la fondation 101 grâce à l’argent de cette cagnotte est de fournir du matériel de qualité pour le traitement des patients infectés par le Covid-19, aider au financement d’essais cliniques et de formations pour mieux soigner le virus, mais également subvenir davantage aux besoins du personnel soignant.

Un concept fortement relayé sur les réseaux sociaux

Depuis le début du confinement, les récoltes d’argent ou autres denrées à destination du personnel hospitalier se multiplient de plus en plus. Mais « Un apéro pour les hôpitaux » se démarque singulièrement par son concept innovant, à l’initiative de Paolin Pascot. « Au départ tout a commencé par une discussion entre amis. On regrettait les verres qu’on avait pas pu boire à cause du confinement, explique t-il. Mais on s’est dit qu’on pouvait utiliser cet argent économisé pour quelque chose de bien, comme venir en aide aux hôpitaux.» Par la suite, d’autres membres viennent se greffer au projet. Le collectif travaille alors sur le graphisme, le concept marketing et le développement informatique du format.
Un format pensé en amont pour favoriser les dons au maximum. « On s’est rendu compte que les dons baissaient ce mois-ci car les gens sont de plus en plus sollicités, alors on a cherché un moyen original », déclarait dans sa story Instagram, l’humoriste Panayotis Pascot, également membre du collectif de création du site.

Dès son lancement, le 25 avril, l’initiative connaît rapidement un grand succès, notamment sur Instagram. Christine & the Queen, BigFlo et Oli,… De nombreux artistes et personnalités n’hésitent pas faire appel à leur communauté en relayant la cagnotte sur les réseaux. Très vite, le hashtag #Joffremonapéro émerge, incitant les internautes à partager le contenu de leur commande avec leurs followers. La mobilisation va même encore plus loin : mercredi 29 avril, le musicien Hubert Blanc-Francard (Boom Bass du groupe Cassius) a organisé un DJ set en live sur les réseaux pour partager l’initiative à ses fans. 

Grâce à ce relais, la somme des dons a dépassé, fin avril, les 20 000 euros. De quoi inciter à continuer de trinquer virtuellement, à défaut, pour le moment, de connaître la date précise de réouverture des bars.

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