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« Des bras pour ton assiette »: les Français en redemandent

Environ 300.000 candidats se sont inscrits à l’initiative « Des bras pour ton assiette », mais la plateforme ne propose que 7.000 postes à pourvoir. Dan Meyers / Unsplash

Plus de 300.000 Français ont répondu à l’appel, lancé fin mars, pour aider les agriculteurs en manque de main-d’œuvre pendant le confinement. Si l’initiative « Des bras pour ton assiette » a permis aux agriculteurs inscrits de recruter plus facilement et suscité l’enthousiasme de milliers de saisonniers potentiels, un certain nombre d’entre eux se disent, aujourd’hui, déçus de n’avoir encore reçu aucune réponse.

« Cela nous a apporté de la main-d’œuvre inespérée », s’enthousiasme Stéphanie Schneider, exploitante agricole dans le Bas-Rhin. Face à l’avancée de l’épidémie de Covid-19 en France et à l’annonce des mesures de confinement à la mi-mars, l’inquiétude est montée chez les exploitants agricoles. Le secteur s’est ainsi retrouvé face à « un triple défi», selon la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) : « garantir la santé et la sécurité des salariés, pallier la hausse sensible de l’absentéisme et maintenir, voire augmenter, [leurs] capacités de production».

En réponse à ces difficultés liées à la pandémie, la FNSEA a lancé le projet « Des bras pour ton assiette », le 24 mars. Le principe est simple : mettre en relation des exploitants agricoles à la recherche de main-d’œuvre et des travailleurs potentiels, via le site de WiziFarm.

L’initiative est immédiatement relayée sur des chaînes de télévision comme BFM-TV, par le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Didier Guillaume, ainsi que par la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert. C’est par ce biais que l’exploitante agricole Stéphanie Schneider a découvert la plateforme. Elle raconte : « Je regardais la télévision quand j’en ai entendu parler. J’avais mon téléphone à portée de main donc j’ai directement créé mon compte. »

Un recrutement en quelques jours ?

À la recherche de quatre saisonniers agricoles pour travailler sur son exploitation de houblon, Stéphanie Schneider a aussitôt posté son offre d’emploi sur la plateforme de WiziFarm. L’exploitante agricole se dit étonnée de la vitesse à laquelle des profils de travailleurs, correspondant à ses critères, lui ont été proposés. C’est parmi pas moins de 300 candidats qu’elle a finalement dû faire son choix. « J’en ai contacté cinq et on en a formé deux qui sont venus sur l’exploitation. L’un d’eux est encore là actuellement », développe-t-elle.

« Passer 8 heures par jour dans les champs, c’est une tâche assez répétitive. Je recherchais des personnes en bonne condition physique et avec un bon mental », explique Stéphanie Schneider, exploitante agricole dans le Bas-Rhin. / Stéphanie Schneider

Seulement deux jours après son inscription à l’initiative « Des bras pour ton assiette », Stéphanie Schneider accueille ainsi, sur son exploitation, le premier saisonnier recruté via la plateforme. Une aubaine pour cette agricultrice qui craignait de ne pas pouvoir récolter sa production de houblon : « D’habitude, je fais appel à des saisonniers polonais ou roumains, mais vu qu’ils sont bloqués à cause du confinement, je pensais que ça allait compromettre la saison. »

Si le recrutement a été aussi rapide pour cette exploitante agricole, c’est en grande partie grâce au nombre élevé de candidats inscrits sur la plateforme. En un mois, ils seraient plus de 300.000 à s’être portés volontaires pour travailler sur une exploitation agricole, selon WiziFarm. À tel point que la demande d’emplois saisonniers, pendant le confinement, a fini par dépasser l’offre.

« On ne pourra pas embaucher tout le monde »

Alors, certains candidats, déçus de n’obtenir aucune réponse à leur candidature, font connaître leur mécontentement sur les réseaux sociaux. Dans une vidéo partagée sur les comptes Facebook et Twitter de WiziFarm, Samuel Vandaele, agriculteur et président du syndicat Jeunes Agriculteurs, tente de les rassurer : « Vous allez être recontactés, ou tout du moins une grande partie va être recontactée pour cette mise en place. On ne pourra pas embaucher tout le monde.»

Parmi les nombreux candidats aux missions agricoles, proposées sur WiziFarm, se trouvent des étudiants en quête d’un travail pendant le confinement, des salariés au chômage partiel et de jeunes retraités. C’est le cas de Patrick Givanovitch. À la retraite depuis mars 2020, il s’est inscrit sur la plateforme dès son lancement, fin mars : « Je trouvais que c’était une bonne chose de proposer mon expérience  à des agriculteurs et d’aider l’agriculture française à mon modeste niveau. »

Dans l’attente d’une réponse

Patrick Givanovitch s’est ainsi porté candidat à une mission « pour gérer un silo de grains » sur une exploitation de son département, en Haute-Garonne. Seulement, près de cinq semaines plus tard, il n’a toujours reçu aucune réponse et se dit très déçu de cette expérience manquée. « Je crois avoir été assez logique et sincère dans ma démarche, mais j’ai l’impression que l’inverse n’a pas été le cas avec ceux qui, comme moi, ont répondu très spontanément », regrette Patrick Givanovitch.

Suite à cette désillusion, le jeune retraité préfère ne pas retenter sa chance et ne souhaite plus se porter candidat via la plateforme WiziFarm. Pas découragé, pour autant, d’offrir ses services à des exploitants agricoles en quête de main-d’œuvre, Patrick Givanovitch a lui-même entrepris les démarches : « Je suis allé rencontrer un viticulteur de l’Aude, et il m’a offert de venir travailler ses vignes avec lui, très bientôt. » Le jeune retraité se dit très enthousiaste à l’idée de recevoir sa feuille de route et de commencer son travail auprès de ce viticulteur. Et d’ajouter : « On est jamais mieux servi que par soi-même, comme dit l’adage… »

Merci à vous ! Nous répondons à vos questions !

Merci d'avoir été si nombreux à répondre à l'appel des agriculteurs ! Certains d'entre vous s’étonnent de ne pas encore avoir été contacté, on vous explique tout par ici ! 😉

Gepostet von WiziFarm am Freitag, 3. April 2020

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