Sous cloche
Se nourrir

«Je vis bien ma nutrition en confinement»

Sélection d’un groupe d’aliments antioxydant. Gettyimages

Depuis le 12 février, Gaëlle suit un programme de nutrition : elle a décidé de perdre du poids. Le confinement est arrivé au plein milieu de son projet. Faire ses courses, son sport, ses rendez-vous avec sa nutritionniste… Tout a changé pour elle et Gaëlle s’est adaptée au fil des semaines.

« Je vis plutôt bien ma nutrition en confinement, lance d’emblée Gaëlle. Mais je me sens sereine parce que je viens juste d’avoir le rendez-vous !» C’est la troisième entrevue avec sa nutritionniste en visioconférence, confinement oblige. Pour la première fois depuis le 12 février, début de son programme, les séances ont été espacées de trois semaines. Il n’en fallait pas plus : « J’avais des doutes à clarifier. On évolue au cours du temps, physiquement ou moralement. J’ai tendance à attribuer des choses au confinement mais ça n’est pas forcément lié. »

Depuis quelques semaines, Gaëlle ne calcule plus au gramme près les portions recommandées par sa nutritionniste. Elle a pris confiance en son alimentation. C’est un bon point pour sa nutritionniste : cela signifie que Gaëlle prend de bonnes habitudes alimentaires. Elle précise : « C’est bien, ça veut dire que ça va rester !» Aussi, Gaëlle continue de perdre du poids en confinement, mais moins qu’avant. Là encore, sa nutritionniste ne rapproche pas ce phénomène au confinement mais au temps de suivi : « Il est normal de perdre moins au bout d’un certain temps.»

Gaëlle a décidé de suivre un programme de nutrition pour perdre du poids. Etudiante ingénieure, elle raconte : « Mes parents n’ont pas de bonnes habitudes alimentaires. Je ne les ai jamais apprises.» Elle a alterné perte de poids au lycée et prise de poids dans ses études supérieures. Depuis son retour de Belgique en septembre, elle n’a pas trouvé « la volonté et les bonnes informations pour perdre du poids.» Elle repoussait toujours à plus tard son objectif : « Je me disais « c’est bon c’est la rentrée, c’est les fêtes de fin d’année… » A un moment j’ai dis stop ! Arrête de te chercher des excuses et vas-y !»

Adapter son alimentation à la situation

Pour le confinement, Gaëlle a emménagé à Rouen. Elle y vit avec Joris, son petit ami depuis six ans. Avant, Gaëlle vivait seule à Paris, et était maîtresse de ce qu’elle mangeait. « L’alimentation de Joris n’est pas équilibrée. Elle est à base de viande, riz, pommes de terre. Les seuls légumes qu’il mange sont les carottes et les poivrons !», lâche l’étudiante, amusée. Il fait des efforts – comme manger les plats plus équilibrés qu’elle prépare -, mais cela n’arrive pas à tous les repas. 

Le confinement a réduit drastiquement l’activité physique de Gaëlle. Pour anticiper cela, sa nutritionniste lui avait donné un programme strict à suivre. Résultat : elle a perdu 2 kg en une semaine. Perte de poids trop importante, il fallait revenir sur un programme moins rigoureux : « C’est difficile à tenir sur le long terme, même si je pense que j’aurai pu», se souvient Gaëlle. Toutefois, elle sentait que ce programme était draconien, notamment du fait de la privation. Contrainte qui ne fait plus partie du quotidien de Gaëlle depuis l’ajustement de son régime alimentaire.

« A moitié commun, à moitié personnalisé”

Le midi, seule la viande est commune aux deux assiettes du couple. Gaëlle mange ses légumes et Joris ses féculents. Le soir, c’est assez différent : « Il mange des pizzas, des nuggets ou un cordon bleu. Tout ça, je dois essayer de l’éviter.» Elle voit pourtant le côté positif : « C’est l’occasion pour moi de me faire plaisir et de manger un plat que mon copain n’apprécie pas.» La dernière fois? Une quiche chèvre épinards. 

A gauche, brocoli et poisson pané, le repas de Gaëlle. A droite, pizza au chorizo, le repas de Joris. Gaëlle

Même si elle cuisine pour les deux à midi, elle ne se sent pas tentée par ce que mange son copain. Parfois, elle prend juste une bouchée pour goûter mais sent qu’elle n’a pas envie d’en rajouter. « Je la prends et je me dis que c’est plein de gras et de sel. Alors je me dis que mon assiette n’est pas si mal.» Cette perception est importante pour Gaëlle : « Comme ça, quand je prends une bouchée, je ne culpabilise pas !» Gaëlle a pris l’habitude de doser les quantités, elle doit juste faire attention aux écarts : « Si on est organisés ça va, c’est pas trop dur.»

Se faire plaisir sans se culpabiliser

Le tiramisu fraise/spéculos de Gaëlle. Gaëlle

« Le problème de Joris, c’est qu’il grignote beaucoup. Énormément même», signale Gaëlle. Dans leur appartement, il y a toujours des bonbons et des chips qui traînent. Avant qu’elle décide de perdre du poids, ils grignotaient beaucoup tous les deux. Maintenant, elle gère ce qu’elle mange en dehors des repas : « Quand un paquet de bonbons est ouvert, j’en mange un. Je prends le temps de le déguster et je réalise que ça me suffit. En plus, je ne culpabilise pas !»

Le programme de Gaëlle stipule qu’elle a droit à deux desserts par semaine. C’est donc un plaisir de la semaine exceptionnel et important : « Avec le confinement, je prends le temps de vraiment bien les faire.» La dernière fois, Gaëlle a préparé un tiramisu fraise/spéculos. Les moments dessert de la semaine sont essentiels : « Ça nous rajoute un moment de repas commun à Joris et à moi

« J’achète des bonbons que je ne mangerai pas»

Depuis que Gaëlle suit son programme, elle prévoit ses quantités. Cela l’incite à penser à tous ses repas de la semaine à l’avance. Faire sa liste lui permet de réfléchir à ses quantités une seule fois. Une fois la liste faite, elle n’a plus à penser aux portions devant les rayons du supermarché ou quand elle se prépare à manger. Mais dans le magasin, les tentations sont parfois fortes.

Gaëlle fait ses courses seule car le confinement ne l’autorise pas à les faire avec son copain. « Quand je pars faire les courses, il me demande d’acheter un produit mais sans spécifier lequel. C’est donc à moi de choisir…» Mais les produits qu’il lui demande se trouvent souvent au rayons sucreries : « J’achète des bonbons que je ne mangerai pas.» Une fois, Gaëlle n’a pas trouvé de viande blanche. Elle a dû s’adapter pour trouver un autre aliment carné sans surtout céder à prendre une alternative trop différente. 

« La nutrition, ce n’est pas que la nourriture, c’est aussi le sport !”

« Deux heures de hand par semaine, plus un match d’une heure le week-end. Si pas de match, piscine !», énumère Gaëlle. Tous ces sports lui sont interdits pendant cette période de confinement, « sans compter toutes les dépenses physiques comme marcher pour aller au métro!» Alors Gaëlle a dû s’adapter. Pour elle, pas question d’abandonner son activité physique : « La nutrition, ce n’est pas que la nourriture, c’est aussi le sport !»

Exemple de programme sportif envoyé à Gaëlle par sa nutritionniste.

Gaëlle a trouvé la solution : la course à pied. Le confinement l’a obligée à s’y remettre. « Je vois les progrès que je fais. Cela fait du bien!», confie-t-elle, fière de ses 2,5 km en 17 min. Elle essaye de faire du sport en intérieur mais se rend bien compte qu’elle n’aime pas ça. Depuis peu, elle a trouvé un bon exercice : le cardio training. « Cela permet de bien brûler les graisses et ne pas avoir trop de courbatures comme en renforcement musculaire.»

Se projeter dans l’après

La nutritionniste de Gaëlle compte réouvrir son cabinet le 11 mai, en respectant des mesures d’hygiène évidemment plus strictes. Le prochain rendez-vous est prévu pour le 19 mai. Gaëlle a encore demandé d’espacer le rendez-vous de trois semaines. Pour cette séance, elle compte faire les deux soins proposés par la nutritionniste : ultrasons et électrostimulation. Le prix d’une séance classique est de 46 euros. Avec un soin, le prix monte à 58 euros et pour deux, à 2×58 euros (car le temps de la consultation est multiplié par deux). Elle n’a pas fait de soins depuis le confinement : « J’aurais le budget pour faire les deux d’un coup ce jour-là

« L’intérêt des soins est qu’ils sculptent le corps », explique Gaëlle. Le soin aux ultrasons permet de décoller la graisse et celui d’électrostimulation fait travailler les muscles. Ces deux soins sont complémentaires. Réalisés dans cet ordre, ils sont très efficaces. Ensemble, ils permettent de drainer et d’éliminer la rétention d’eau. Il sont d’autant plus importants que Gaëlle ne voit pas les évolutions sur son propre corps. « Je vois que mes jeans sont trop grands pour moi mais je me vois chaque jour dans le miroir donc c’est difficile pour moi de dire que j’ai changé.» Joris ne remarque pas d’évolution non plus, puisqu’il voit Gaëlle également tous les jours. C’est un élément de plus qui va changer après le confinement. Elle retrouvera des amis qui ne l’ont pas vue depuis longtemps, et eux se rendront compte de la perte de poids de Gaëlle : « Ils me le feront remarquer, ça me donnera de la motivation pour continuer mon programme !»

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