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Confinement: une aubaine pour la livraison à domicile

Si les actions en Bourse des plateformes de livraison ont dégringolé pendant la première moitié de mois de mars, elles sont ensuite reparties à la hausse sans atteindre leur niveau d’avant la crise du coronavirus. Photo : Sam Saunders

Malgré une chute en Bourse et une situation compliquée, les plateformes de livraisons à domicile ont su profiter du confinement. Elles ont en effet séduit de nouveaux clients et développé leur activité, via des partenariats avec la grande distribution.

Baisse de 15% pour JustEat, de 19% pour Uber Technologies (société mère de UberEats) : le mois de mars 2020 a été une hécatombe pour les cours en Bourse des géants de la livraison de repas à domicile. Ils refusent d’ailleurs de communiquer sur l’impact du confinement et de la crise du coronavirus sur leurs chiffres d’affaires. Cependant, SimilarWeb, société qui suit l’utilisation des applications et sites web en Europe, montre que, dans certains pays, ces entreprises ont conquis de nouveaux clients.

En France, UberEats a vu croître son nombre de visiteurs moyen par jour de 22% par rapport aux mois de janvier et février. En Italie, sa clientèle a augmenté de 24%, celle de Domino’s Pizza de 54% et celle de Deliveroo de 26%. Seule l’Espagne a vu une chute brutale de la popularité de toutes ces plateformes. En effet, si les restaurants ont dû fermer leurs salles dans ces pays en raison du confinement, Ils peuvent toujours livrer ou faire livrer des repas. Le secteur s’est donc organisé pour maintenir une activité dynamique.

Ces plateformes ont notamment revu les règles de livraison pour les adapter à la distanciation sociale. Par ailleurs, Deliveroo a, par exemple, mis en place une ligne directe pour les restaurateurs, et UberEats a proposé aux restaurants l’adhésion gratuite à la plateforme en mars. Grâce à cette initiative, de nombreux lieux de restauration ont rejoint l’application, y voyant une bouée de sauvetage pour préserver une partie de leur chiffre d’affaires pendant le confinement.

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UberEats y trouve également son compte, ces nouvelles adhésions compensant en partie la perte d’activité liée à la fermeture totale d’autres services de restauration. De plus, les frais de livraison ont également été offerts pour attirer de nouveaux consommateurs. Mais c’est surtout au mois d’avril que les entreprises du secteur ont développé leur activité, en profitant du maintien du confinement, grâce à des partenariats avec plusieurs chaînes de supermarchés.

Les ventes de produits du quotidien via l’application UberEats ont été multipliées par 2,9 en France en mars 2020. Les ventes de pâtes ont par exemple été multipliées par 28. Photo: Uber Technologies

Des grandes enseignes dans toute la France

En effet, depuis le 3 avril, les supermarchés Casino et Géant Casino proposent la livraison de paniers de première nécessité via l’application UberEats. Deux types de paniers sont proposés : un « multivitamines », composé de fruits et légumes français, à 25 euros, et un panier « les indispensables », qui rassemble des produits d’épicerie du quotidien ainsi que du papier toilette. Trois jours plus tard, le 6 avril, Carrefour annonçait également un partenariat avec l’application dans quinze magasins de Paris et sa petite couronne.

Désormais, ce sont soixante magasins qui sont présents sur l’application, à Toulouse, Bordeaux, Limoges, Avignon, Lille, Nantes et Paris. Sont disponibles à la livraison des produits alimentaires, d’hygiène et d’entretien. Toujours le 6 avril, c’est avec Deliveroo que Monoprix annonçait une collaboration dans 38 boutiques Monop’ et 15 villes de France. Ces partenariats étaient déjà en cours de négociation depuis plusieurs mois, selon une chargée de communication de Carrefour, mais le confinement a accéléré le processus. Ce partenariat avec UberEats a pour ambition de durer après le confinement « avec une volonté commune de développer de nouveaux services dans les prochains mois et de le développer dans d’autres zones géographiques », affirme t-elle également. 

La plateforme JustEat est quant à elle à la traîne, puisqu’aucun partenariat n’a encore été signé, même si elle affirme que des négociations sont en cours avec d’autres enseignes. Cette diversification de l’activité participe donc d’une stratégie adoptée par l’ensemble du secteur. Aucune de ces entreprises n’a souhaité nous communiquer un bilan financier de ces partenariats pour le moment. On peut toutefois supposer que l’objectif est d’accroître l’activité de livraison à long terme, plus que de faire du profit pendant le confinement. Preuve en est la gratuité des frais de livraison mise en place par UberEats en mars et en avril.

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