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[VIDÉO] «On voit mal des gens boire des coups dans un bar avec un masque»

Les gestes barrières entre clients risquent d’être difficiles à appliquer dans les bars (photo d’illustration). Léa Dandois Delaigue.


Pour le monde de la restauration, le déconfinement du 11 mai ne signifie pas grand-chose. Le gouvernement devrait préciser les modalités de réouvertures à la fin du mois. Lucas Boulanger, gérant d’un bar parisien en activité depuis décembre, partage sa situation singulière et ses incertitudes.

Ouverture en décembre, fermeture en mars. Les platines du Discobar de Lucas Boulanger n’auront tourné que trois mois. Depuis le 14 mars, minuit, ce cogérant a temporairement mis la clé sous la porte de son établissement de Belleville à Paris, comme 160.000 autres bistrots, bars et restaurants. Si certains commerces pourront ouvrir après le 11 mai, le monde de la restauration ne se déconfinera pas avant le 2 juin, au plus tôt. 

À lire aussi : Les restaurateurs face au flou du déconfinement

Si la date du 15 juin a été évoquée pour une réouverture des restaurants et bars notamment dans les zones « vertes » des cartes dévoilées chaque soir par les autorités, elle reste « peu probable », a prévenu le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire. Le gouvernement se prononcera fin mai sur la reprise, ou non, de ce secteur d’activité, alors que 30 à 40% des établissements pourraient ne jamais rouvrir, selon le collectif Culture Bar-Bars.

Lucas Boulanger souligne «les différentes typologies d’établissements» de la restauration. « Même si on dit aux restaurants d’ouvrir, je ne me compterai pas dedans », assure ce gérant, pour qui « les mêmes mesures ne sont pas applicables dans un restaurant ou dans un bar dansant ». Car dans son établissement « open platines », on mixe, on mange et on se déhanche. Impossible de se plier aux règles de la distanciation sociale. Le cogérant ne voit pas comment il pourrait reprendre son activité, et surtout dans quelles conditions. 

Depuis le début du confinement, il alimente sa trésorerie à l’aide du fonds de solidarité de l’État. Malgré cet apport, l’entrepreneur craint que cette situation ne s’éternise : « Si on paye cinq ou six loyers sans revenus, au bout d’un moment, ça va être compliqué de tenir. »

[VIDÉO] Ouvert en décembre, fermé en mars : la galère du coronavirus pour un bar parisien

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