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Réouverture des écoles: la cantine scolaire pose question(s)

Dès le 11 mai, les cantines scolaires devront s’adapter au protocole sanitaire. Katrina_S / Pixabay

A partir du lundi 11 mai, les élèves reprendront petit à petit le chemin de l’école. Une question subsiste : celle de la cantine. Écoles par école, maires, restaurateurs, directeurs et directrices tente d’appliquer au mieux le protocole sanitaire pour adapter la restauration scolaire aux mesures de sécurité.

« Organiser la demi-pension de manière à respecter les gestes barrières et le principe de distanciation », c’est ce que préconise le protocole sanitaire (lien pdf protocole) reçu par tous les établissements scolaires lundi 4 mai. Ce document de 54 pages détaille les mesures à prendre pour minimiser les risques de contamination alors que de nombreux enfants s’apprêtent à retourner à l’école à partir du 11 mai. « La possibilité pour les enfants de pouvoir déjeuner à l’école est fondamentale », déclarait déjà Jean-Michel Blanquer mercredi 29 avril. Pour le ministre de l’Education nationale, les établissements scolaires doivent s’arranger pour accueillir les élèves sur le temps du midi « pour ne pas avoir le problème des transports notamment ».

Cette réouverture entraîne de nombreuses interrogations liées aux différentes étapes de la vie scolaire. Laurence Quillent, directrice de l’école du Village, à Montigny-Le-Bretonneux  (Yvelines) s’est penchée sur la question de la cantine. Elle est catégorique: « On fera au cas par cas. C’est un protocole national, donc ce n’est pas applicable à 100%. »

Dans son établissement, la restauration scolaire sera organisée en trois services pour limiter le brassage des élèves. « La pause méridienne sera toujours de deux heures. Il va falloir organiser différents créneaux pour que les élèves ne se retrouvent pas à manger tous ensemble », précise-t-elle. La directrice a déjà prévu de limiter les tables de huit à trois enfants seulement « afin de faire respecter la distanciation sociale ». Pour le moment, Laurence Quillent n’en sait pas plus : la restauration scolaire est gérée par les services municipaux de la ville.

Un casse-tête municipal 

Au delà de la simple application du protocole sanitaire, les mairies doivent résoudre un véritable casse-tête logistique. Chaque ville doit composer avec ses contraintes, et s’organiser avec les professeurs et les employé.e.s municipaux disponibles. C’est particulièrement vrai dans les plus petites communes. A Lizy sur Ourcq (Seine-et-Marne), le maire Maxence Gilles et son équipe tranchent pour des repas servis dans les classes. 

Maxence Gilles, maire de Lizy sur Ourcq, explique les difficultés pour rouvrir les cantines dans sa commune de 3000 habitants.

Malgré les différences de moyens, plusieurs communes partagent un même constat sur le retour à l’école. En Île-de-France, plusieurs maires jugent que l’État impose « un calendrier à marche forcée » pour la reprise de l’école. Dans une tribune postée le 3 mai 2020, ils demandent « solennellement » au président de la République de repousser la réouverture des écoles à une date ultérieure au 11 mai.

Des dizaines de milliers de plats en quelques semaines 

Le problème logistique se pose aussi au niveau des restaurateurs. Leurs cuisines sont à l’arrêt depuis le début du confinement. Celles-ci doivent maintenant préparer des dizaines de milliers de plats en quelques semaines. Un chiffre loin de leur production habituelle, et difficile à atteindre. Les restaurateurs se coordonnent avec les mairies pour proposer un large panel de solution. C’est ce qu’explique Frédéric Souchet, directeur général du Syndicat intercommunal pour la restauration collective (Siresco), l’un des rares services de restauration publics.

Frédéric Souchet détaille les possibilités de les restaurateurs peuvent proposer au mairie pour les cantines.

“On fera les comptes après”

Mais dans certaines villes, l’enjeu des cantines est encore plus important. La disparition de ces repas subventionnés pris à l’école représentent un coût important pour les familles les plus précaires. Plusieurs initiatives associatives et municipales s’organisent pour subvenir à ces besoins. Le Siresco opère en Seine-Saint-Denis un département très touché par la pauvreté mais aussi par le Covid-19. Son directeur avance l’hypothèse d’un partenariat avec certaines villes pour faire face à ces problèmes.

En tant que restaurateur public, le directeur du Siresco défend avant tout l’idée d’un service de restauration pour répondre aux besoins des enfants et des familles.

En attendant le retour de la cantine scolaire, certaines mairies avaient déjà anticipé l’aide aux familles les plus démunies. Dès le 10 avril, le département de Meurthe-et-Moselle distribuait des repas aux collégiens bénéficiant du tarif le plus bas à la cantine, ainsi qu’à leurs frères et soeurs. A Marseille, le maire Jean-Claude Gaudin a, lui, mis en place une aide financière pour les familles des élèves qui bénéficient de la gratuité des repas à la cantine. Quasiment 2.000 familles ont reçu une aide de 100 euros par mois. 

Marion Pépin & Quentin Meunier

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