Sous cloche
Se nourrir

On a grossi, et ce n’est pas grave

« L’alimentation est très souvent liée aux émotions », Sylvie Partouche, diététicienne à Paris. Congerdesign / Pixabay

Pendant le confinement, beaucoup d’entre nous ont vu apparaître des kilos en « trop ». Inquiétude, stress, mal-être… On réagit toutes et tous différemment à la prise de poids. Que l’on souhaite en perdre ou non, il ne faut pas se laisser culpabiliser. 

« J’ai vraiment eu la pression parce que j’ai grossi d’entrée. Il y avait beaucoup d’articles sur la prise de poids et tout le monde en parlait en story, ça m’a vraiment fait stresser.». Solveig est photographe, elle tient aussi un compte Instagram. Avec plus de 37.000 abonnés, elle était aux premières loges pour constater l’inquiétude qui gagnait les internautes. Elle qui a toujours été sportive a reçu des messages d’abonnés lui demandant de filmer sa routine sport : « J’avais déjà eu des demandes ponctuellement, mais au début du confinement, j’en ai reçu une vingtaine, sans que j’en parle. »

57% des Français auraient pris du poids pendant le confinement, avec 2,5 kg en moyenne, selon une étude Ifop. Après une période d’immobilité forcée, on pouvait s’y attendre : « On est restés enfermés sans marcher et s’activer, alors forcément on grossit », détaille Solveig. 

Grossir n’est pas une catastrophe

Selon Sylvie Partouche, diététicienne à Paris, il faut absolument relativiser cette prise de poids. « Avoir pris 2,5 kg, c’est loin d’être une catastrophe, on ne se met pas directement en danger à cause d’une erreur diététique », explique-t-elle, considérant qu’il faut comprendre que la prise de poids pendant le confinement est normale. Plusieurs facteurs entrent en compte, comme l’inquiétude ambiante : « On est dans une période où l’on va vers l’inconnu et c’est normal d’avoir besoin de se faire plaisir. L’alimentation est très souvent liée aux émotions. »

A lire aussi : Pourquoi on se tourne vers les aliments réconfortants pendant le confinement ? 

Pour la diététicienne, le risque le plus grand, maintenant, serait de réagir violemment et de se tourner vers des régimes. Les kilos gagnés en deux mois ne se perdent pas en quelques jours et les remèdes miracles, souvent vantés, n’existent pas. « Si l’on perd deux kilos en deux semaines, c’est que l’on a fait un régime draconien. Or ce qu’il faut, c’est établir quelque chose de durable », insiste Sylvie Partouche. Elle met en garde contre les prises de poids liées à la frustration des régimes. 

Se lancer dans le sport à outrance n’est pas non plus une solution et peut même être dangereux, si l’on n’en a pas l’habitude. « A moins de courir une heure par jour, le sport ne fait pas maigrir. Le sport reste important, parce que c’est bon pour le cœur et que ça réduit le stress et les tensions, ce qui évite de se défouler sur la nourriture », explique Sylvie Partouche. Pour elle, la solution, si l’on souhaite perdre des kilos, est dans la mesure. Il s’agit de commencer par observer la situation : « Il faut faire une sorte d’introspection et réfléchir à ce que l’on a mangé durant cette période, pour trouver ce qui cloche dans notre équilibre alimentaire. »  

Une affaire de modération

L’équilibre alimentaire, on en parle, mais on ne le connaît pas forcément aussi bien qu’on le pense. Selon Sylvie Partouche, c’est pourtant très simple : « Manger équilibré, c’est manger de tout, en petites quantités. » Les aliments sont en fait répartis en 7 familles : les protéines, les féculents, les aliments gras, les produits laitiers, les fruits et légumes, les produits sucrés, et les boissons « où seule l’eau est indispensable », précise la diététicienne. Chacun de ces 7 groupes doit être représenté au quotidien dans l’alimentation. Une prise de poids viendrait en fait souvent d’une prééminence de l’une de ces familles sur les autres : « Si l’on ne mange pas de fruits et de légumes, cela veut dire que l’on consomme probablement trop de féculents ou de viande. » Le secret, c’est uniquement de manger équilibré !

A lire aussi : « Je vis bien ma nutrition en confinement »

Atteindre un équilibre alimentaire, c’est donc un long travail sur soi, qu’il faut mener sereinement. D’ailleurs, le contraire serait contre-productif. « Si vous mangez dans la culpabilité, vous allez manger beaucoup plus que ce que vous auriez consommé normalement », explique Sylvie Partouche. Il est donc très important de ne pas se laisser culpabiliser par des messages tels qu’on peut en voir passer dans la presse féminine. Que ce soit pour perdre du poids ou pour rester en forme, il est aussi possible de se faire conseiller sur son alimentation si l’on ne parvient pas à changer certaines habitudes. 

A écouter : les Français ont pris 2,5 kg pendant le confinement et alors ?

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