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Et si vous mettiez des poules dans votre jardin?

A la ville comme à la campagne, avoir son poulailler est une idée en vogue. Des œufs frais – voire de la volaille – dans l’assiette, et moins de déchets dans les poubelles : les bénéfices pour prendre des poules ne manquent pas. Si vous êtes séduit, voici un petit guide pour installer sa basse-cour.

A Pantin (Seine-Saint-Denis), les poules du jardin partagé ravissent les habitants. (Nathalie Fleury)

Pourquoi prendre des poules ?

Pour consommer ses œufs du jardin et produire moins de déchets, Raphaël a choisi de mettre quatre poules pondeuses dans son jardin en 2018. Question de cohérence écologique. « Depuis qu’on a nos poules, on leur donne tout ce qu’on a dans notre compost. Même de l’herbe de tonte ! », reconnaît le Sarthois.

Les basses-cours ravissent les enfants de Raphaël, trentenaire. Les poules divertissent les enfants et offrent un premier contact avec la nature. « C’est sympa de voir les enfants s’adapter au contact des poules. […] En hiver, quand le potage reste en jachère, on lâche les poules et les enfants courent après. C’est beau à voir ! », sourit Raphaël.

Ses quatre poules pondent chacune un œuf par jour. Pour ce père de famille, qui limite sa consommation de viande, l’œuf est primordial dans ses repas. Depuis qu’il achète moins d’œufs sur le marché, il estime réaliser une économie « de dix à vingt euros par mois ».

Les gallinacés apportent une touche de pédagogie. Alors que les bases de l’alimentation échappent aux plus jeunes, la découverte de la basse-cour est un luxe pour certains. Jean-Paul gère un jardin partagé à Pantin (Seine-Saint-Denis). Depuis dix ans, six poules et un coq vivent au cœur de son potager du quartier des Quatre-Chemins. « Des enfants ne savent même pas ce qu’est un œuf », se désole Jean-Paul.

Son jardin est ouvert aux scolaires, mais aussi aux familles pantinoises qui profitent de quelques mètres carrés de verdure, et d’œufs frais. Jean-Paul se plaît à voir que sa basse-cour s’est fondue à merveille dans le quartier : « Beaucoup préfèrent entendre le chant du coq plutôt que les voitures. »

Les poules du Sussex sont une race reconnue pour produire beaucoup d’oeufs. (JaclouDL, Pixabay)

Combien coûte une poule ?

Une poule pondeuse en forme donne environ 5 œufs par semaine. Comptez entre 5 et 20€ pour une poule en âge de pondre, et vendue dans une animalerie ou une ferme avicole.

Autres variétés, les poules fermières, ou poules à chair. Elles pondent moins d’œufs, mais s’élèvent plus jeunes et ont une chair bien moins grasse que les poules pondeuses. Plus accessibles, des poules fermières de 8 semaines s’achètent pour moins de 10€.

Une poule d’ornement offre une apparence plus originale, mais produit beaucoup moins d’œufs. Les tarifs sont plus élevés, 20€ minimum.

Dans tous les cas, le nombre de poules doit rester proportionnel au terrain à leur disposition. Les animaleries recommandent 10 m² de terrain par poule.

Comment nourrir des poules ?

L’un des avantages des poules est lié à leur alimentation. Une poule a besoin de 125 grammes par jour pour se nourrir. La plupart des restes alimentaires et épluchures leur conviennent.

Les restes ne forment pas des repas complets mais des compléments. En alimentation quotidienne, un mélange de graines convient à leur régime. Ces graines leur fournissent protéines, calcium et minéraux. Les sacs de 10 ou 20kg s’achètent dans toutes les animaleries et fermes, pour moins de 2€ le kilogramme. Un récipient avec de l’eau fraîche est indispensable à côté de la mangeoire.

Quelles conditions pour avoir son poulailler en ville ?

Avoir des poules en milieu urbain, c’est possible. En 2006, un arrêté a confirmé que les gallinacés étaient considérés comme des animaux domestiques, au même titre que le chat ou le poisson rouge. Ainsi, pas besoin d’autorisation ou d’installation spécifique pour prendre des poules. A condition de ne pas en faire un élevage, comme pour n’importe quel autre animal domestique.

Cela dit, les communes ou les lotissements peuvent fixer des limites à l’installation d’une basse-cour. Concernant les coqs, peu de cas de jurisprudence existent. Certaines communes reconnaissent par exemple que le chant des coqs de manière continue constitue une nuisance sonore. Avoir un coq en ville est permis, mais attention aux cocoricos matinaux.

Les poulaillers sont soumis au même régime que les abris de jardin. Si la surface au sol excède les 5m², une déclaration de travaux doit être déposée en mairie. Pas une formalité donc, si le poulailler reste un abri pour la nuit.

Pourquoi prendre un coq ?

Le coq améliore la qualité de vie des poules : il les rassemble et les protège en cas d’intrusion. L’emblème de la France n’est cependant pas un indispensable des basses-cours. Il n’aidera pas à produire plus d’oeufs.

Un coq pour cinq poules suffit, mais la cohabitation entre plusieurs coqs dans une basse-cour n’est pas recommandée. En général, un coq de la même race que vos poules s’acclimatera plus facilement.

Plusieurs coqs dans une basse-cour ne feront pas toujours bon ménage. (Christels, Pixnio)

Prédateurs et maladies : quelles sont les menaces pour les poules ?

Les poules sont des proies faciles pour les renards. Pour éviter les attaques, le poulailler doit être fermé tous les soirs. Un grillage haut, en bon état, recourbé vers l’extérieur et enfoui à 30 cm de profondeur dissuadera les canidés affamés.

Les rongeurs propagent des maladies, et attirent d’autres prédateurs pouvant aussi attaquer les poules. Même si les graines de la mangeoire attirent les souris, les réserves de graines peuvent être laissées dans un récipient clos et éloigné du poulailler. La nuit, la mangeoire ne doit pas rester à l’extérieur.

Une bonne hygiène et une nourriture complète préviennent la plupart des enuuis de santé. D’autant plus que les poules vendues dans le commerce sont vaccinées contre les principales maladies aviaires, comme la peste aviaire ou la coccidiose. Un poulailler bien aéré, propre et peu humide est indispensable. A la moindre suspicion de maladie ou d’infection aux poux, la poule concernée doit être placée à l’isolement. Mais nul besoin de devenir hypocondriaque, la poule est réputée pour sa robustesse.

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